Quand l’ivermectine attire les parasites

par le Dr Gérard Maudrux

Une nouvelle étude » à la Mehra », cette fois validée par le JAMA au lieu du Lancet, dénigre l’Ivermectine. La presse, les spécialistes, les autorités se précipitent dessus, tout comme ils se sont précipités sur l’étude du Lancet, et tout comme les mouches se précipitent sur la … . Phénomène bien naturel, plus ça pue, plus cela attire certains.

C’est l’étude d’un dénommé Lopez-Medina, faite à Cali en Colombie, étude qui qui n’aurait jamais dû être publiée par un journal sérieux, surtout quand on voit les difficultés qu’ont certains auteurs pour publier des études favorables aux traitements précoces, difficultés inversement proportionnelles aux études défavorables.

Dominique Costagliola (Grand prix Inserm 2020 et légion d’honneur avec Lacombe) ne s’y est pas trompé, venant de la citer comme étude la plus valable concernant l’Ivermectine. Elle est connue comme une des plus farouches opposantes à l’Ivermectine, ne citant jusqu’à maintenant qu’une étude, celle in vitro, n’ayant pas encore remarqué que nous sommes passés depuis bientôt un an au stade du traitement et son débat chez l’homme, pas dans les boîtes de Pétri. En quoi une étude in vitro, bonne ou mauvaise, démontre que cela ne marche pas chez l’homme ?

Dans un article de The Conversation du 10 mars, après avoir vanté l’ »effet clinique bénéfique des anticorps monoclonaux de Lilly (Bambalaba) », elle s’appuie sur la revue Prescrire (mon billet sur le sujet, 9 études défavorables citées, qui sont en réalité 9 études favorables !), sur son étude in vitro obsessionnelle, et sur l’étude du JAMA, « essai négatif de grande taille ». Ces propos ont été repris dans le JDD du 11 mars, en attendant les autres journaux.

Alors que vaut cette étude, randomisée, double aveugle, 400 patients avec un bras Ivermectine (0,3mg/kg/5j), un bras placébo ?

Etude surprenante ! Les auteurs annoncent clairement vouloir faire une étude à charge. Premier mensonge inutile ”aucun essai contrôlé randomisé avec des résultats positifs n’a encore été publié dans une revue après examen par les pairs”. Bientôt 50 études publiées, ils n’en ont lu aucune ? Affirmation qui permet d’éviter d’en parler et de clore le débat sans l’avoir ouvert.

Ensuite l’aveu d’un changement de protocole en cours d’étude, n’arrivant pas à démontrer ce qu’ils voulaient démontrer, est tout aussi significatif. Le critère principal initial, la « réduction de la détérioration », a été abandonné en cours de route au profit du peu révélateur “résolution des symptômes”, établi de manière binaire : ou bien les symptômes ont disparu à 21 jours, ou bien pas.

« Le résultat principal était initialement défini comme le temps écoulé entre la randomisation et l’aggravation de 2 points sur l’échelle ordinale à 8 catégories. Selon la littérature, environ 18% des patients étaient censés avoir un tel résultat.23 Cependant, avant l’analyse intermédiaire, il est devenu évident que le taux global d’aggravation des événements de 2 points était nettement inférieur à l’attente initiale de 18%, nécessitant une taille d’échantillon inaccessible. Par conséquent, le 31 août 2020, l’investigateur principal a proposé au comité de surveillance des données et de la sécurité de modifier le critère d’évaluation principal au moment de la randomisation à la résolution complète des symptômes au cours de la période de suivi de 21 jours ». En gros, cela ne permet pas de faire la distinction entre différents degrés d’atténuation des symptômes et de faire la différence entre une résolution à 5 jours et à 21 jours !

Ils ne se sont pas non plus arrêtés sur des erreurs qui auraient dû mettre fin à l’étude : des « erreurs » de distribution de la pharmacie ont attribué de l’Ivermectine au groupe placebo (38 doses d’Ivermectine ont été données dans le groupe placebo, ce qui a pour effet d’améliorer le résultat de ce groupe ! On notera aussi qu’au lieu d’une exclusion, il ne fallait pas avoir pris d’Ivermectine dans les 5 jours qui précédaient l’étude, ce qui laisse supposer que certains en ont pris avant cette date. Les inclusions jusqu’à 7 jours après le début des symptômes, permettent à des personnes ayant pris de l’Ivermectine dès les premiers troubles, de rentrer dans le groupe placebo au lieu d’en être exclus !

Si la demi-vie plasmatique est d’un peu plus de 24 heures, la demi-vie constatée dans les tissu et les poumons dépasse une semaine (jusqu’à plus de 12 jours pour certains), expliquant également le long impact prophylactique constaté dans certaines études. Après 5 jours, le produit est donc toujours présent dans les cellules, même s’il n’est plus mesuré dans le sang. Les investigateurs de l’étude avaient estimé que statistiquement au moins 72 patients de l’étude présenteraient une aggravation clinique significative, mais seuls 12 des 400 patients l’ont fait (il est intéressant de noter que 8 des 12 avaient reçu un placebo). Les résultats du groupe placebo sont très supérieurs aux résultats habituels chez les non traités !! C’est d’ailleurs ce taux de détérioration très faible qui a forcé les chercheurs à modifier le critère d’évaluation principal pour détecter une différence entre les groupes d’étude.

Sur le critère principal (résolution des symptômes), et sur les autres critères mesurés (détérioration clinique, hospitalisation ou passage en soins intensifs, décès), le groupe ivermectine est supérieur au groupe placebo, mais la significativité n’est jamais atteinte, et aurait certainement été atteinte s’il n’y avait pas de patients Ivermectine dans le groupe Placebo. Pour preuve, certains effets secondaires caractéristiques de l’ivermectine apparaissent dans le groupe témoin, inhabituels à ce niveau pour un placebo. « L’événement indésirable sollicité le plus courant était le mal de tête, signalé par 104 patients (52%) ayant reçu de l’ivermectine et 111 (56%) ayant reçu un placebo».

Autre défaut : patients jeunes, de 29 à 48 ans, donc sujets peu sensibles à complications et décès, et évolution naturellement favorable, même sans traitement. 4% de plus de 65 ans dans le groupe Iver, alors que plus de 90% des décès sont chez les plus de 65 ans. 7 jours après les premiers troubles, on n’est pas non plus dans le traitement précoce. « Le délai médian de résolution des symptômes était de 10 jours (IQR, 9-13) dans le groupe ivermectine comparé à 12 jours (IQR, 9-13) dans le groupe placebo. Au 21è jour, 82% dans le groupe ivermectine et 79% dans le groupe placebo avaient résolu les symptômes ». Quand la maladie guérit seule à 30 ans, il est normal de ne pas trouver de différence à 21 jours avec ou sans traitement !

« Les participants potentiels à l’étude ont été identifiés et sélectionnés par un simple échantillonnage aléatoire à partir de la base de données de l’État ». Pas de test PCR ? Contactés et suivis par téléphone : « Un médecin de l’étude a contacté les participants potentiels à l’étude par téléphone pour vérifier les critères d’éligibilité… Par la suite, les patients ont été contactés par téléphone par le personnel de l’étude les jours 2 à 5, 8, 11, 15 et 21 pour un entretien structuré ».

Alors qu’il est recommandé de prendre au cours d’un repas, l’absorption de l’Ivermectine étant très différente selon le bol alimentaire comme le montrent plusieurs études, il a été spécifiquement demandé aux participants de le prendre à jeun.

Amélioration des troubles de 20% par rapport à un groupe placebo « faussé », mais aussi 1 mort dans le groupe placebo, 0 dans le groupe traité, ce qui est ici statistiquement significatif.

Les conflits d’intérêts ne sont également pas acceptables : Sanofi Pasteur, GlaxoSmithKline, Janssen, Merck, Gilead, qui ont des traitements et / ou des vaccins covid dans leur portefeuille, ont versé de l’argent à des auteurs pendant que l’étude était réalisée ! Equipe qui par ailleurs évalue en même temps un vaccin du Big Pharma.

Voilà ce qu’est la « rigueur » d’une étude mise en avant comme démontrant l’inefficacité de l’Ivermectine. Si elle avait été citée comme favorable, les détracteurs n’auraient pas accepté le dixième des anomalies de cette étude et personne ne l’aurait publiée. Le Président du Conseil Scientifique a dit que nous avions affaire à un virus intelligent. Quand ceux qui s’occupent du traitement sont plus intelligents que le virus, tout va bien, mais si c’est l’inverse, tout va mal. Est-ce que certains « spécialistes » auraient moins de cerveau qu’un virus ? Décidément, le niveau intellectuel et scientifique de nos revues médicales et de la plupart des scientifiques qui les commentent est descendu bien bas. Inquiétant pour la santé, car ce qui existe pour l’Ivermectine, pour le Covid existe pour tout le reste, car ce sont les mêmes. Bravo à Dominique Costagliola qui malgré son expérience et tous ses titres n’est pas choquée de tout cela et utilise cette étude plus que foireuse pour dénigrer l’Ivermectine.

Finalement je suis déçu, je croyais l’Ivermectine universelle. Non, je dois constater qu’elle ne tue pas tous les parasites qui sont nuisibles pour notre santé.

13 mars : et une mouche de plus, la Société Française de Pharmacologie et Thérapeutique, qui met en avant cette étude dans sa mise à jour de sa position contre l’Ivermectine, tout en fustigeant les études favorables qui ont des biais méthodologiques !