Ivermectine: à quoi joue Merck?

par le Dr Gérard Maudrux

Quelle manœuvre politico-financière, mais certainement pas médicale, se cache derrière le communiqué de Merck du 4 février ? En effet ce laboratoire, qui a porté aux nues ce médicament depuis la fin des années 1970, vient d’émettre une mise au point négative concernant l’Ivermectine dans le traitement du Covid. Ce communiqué sera repris par tous les opposants au traitement précoce, alors qu’aucun argument, aucune démonstration ne vient étayer des propos qui cachent autre chose.

Voici la démonstration de cette manipulation, commençons par le communiqué, ici. Que chacun puisse juger.

Le titre annonce la couleur : « Communiqué de Merck sur l’utilisation de l’ivermectine pendant la pandémie de COVID-19 », et l’Ivermectine est assassinée uniquement sur 2 lignes :

« Aucun fondement scientifique pour un effet thérapeutique potentiel contre COVID-19 provenant d’études précliniques ; 

Aucune preuve significative d’activité clinique ou d’efficacité clinique chez les patients atteints de la maladie COVID-19 »

C’est tout ce qui concerne Ivermectine et Covid dans tout le communiqué ! Aucune démonstration, aucun article cité, et pour cause, ils ne peuvent en citer pour appuyer leur affirmation, car tous disent tous le contraire ! Pire on laisse entendre que ce médicament pourrait être dangereux avec, troisième ligne un « manque de données de sécurité dans la majorité des études ». Fin de la partie du communiqué, « démontrant » la non efficacité et la dangerosité de l’Ivermectine. C’est comme cela puisqu’on le dit, circulez il n’y a rien à voir, et vous n’avez pas à savoir pourquoi on le dit.

Le reste du communiqué sur « l’ivermectine dans la pandémie de Covid » donne les indications anti parasitaires actuelles, et les précautions à prendre pour le traitement de la strongyloïdose et l’onchocercose. Il détaille ensuite les problèmes cutanés, oculaires, encéphalite,.. qui sont dus à Loa Loa, mais pas à l’Ivermectine !

On ne cite aucune étude sur le Covid, mais 4 études minables (109 patients, total des 4 études !) dans la strongyloîdose décrivant les effets secondaires : éruptions cutanées (0,9 %) et urticaire (0,9 %), somnolence (0,9 %), vertiges (0,9 %), tremblements (0,9 %), anorexie (0,9 %), constipation (0,9 %), diarrhée (1,8 %), nausées (1,8 %), vomissements (0. 9 %), etc. Quelle horreur ! Connaissez-vous beaucoup de médicaments avec aussi peu d’effets secondaires, inférieurs à ceux d’un placebo ???

Ils passent ensuite à l’onchocercose (toujours pas au Covid), avec un peu plus d’évènements indésirablesnormal car la plupart sont dus au relargage des déchets des parasites morts dans le corps. Si ce n’était que le produit, il n’y a pas de raison qu’il y en ait plus que dans les études précédentes ! On appréciera le : « effets secondaires possiblement, probablement ou définitivement liés au médicament ». Il faudrait quand même savoir ce qui est dû au médicament ou non ! Ils s’attachent aussi beaucoup aux effets secondaires ophtalmologiquesnormal, l’onchocercose rend aveugle ! Ces effets indésirables « possiblement, probablement » non dus à la maladie sont discrètement avoués un peu plus loin : « Les effets secondaires ophtalmologiques suivants… se produisent en raison de la maladie elle-même, ». De qui se moque-t-on ? En 2003 l’AFSSAPS écrivait « les effets indésirables sont peu fréquents et sans gravité… il semble que la plupart résultent de réactions inflammatoires ou immuno-allergiques faisant suite à la lyse des parasites dans l’organisme, ou de phénomènes oculaires liés à la maladie ». 

Suivent les interactions médicamenteuse (ne citent que la warfarine et rien d’autre, c’est peu !), les risques (non établis !) pour la grossesse, la pédiatrie, les immunodéprimés, etc. Que vient faire l’efficacité dans le Covid là-dedans ? Il y a même des conseils d’utilisation : « Stromectrol doit être pris à jeun avec de l’eau ». Si, si, c’est écrit dans ce papier démontrant l’inefficacité. Une preuve de plus sans doute.

Voilà. Maintenant quand on vous dira « cela ne marche pas d’ailleurs c’est Merck qui le dit », vous saurez ce que vaut cette vérité. D’ailleurs c’est ce que vient de faire Le Moniteur des Pharmacies, dans un article : Traitement précoce du Covid-19 : l’Ivermectine outRien dans l’article, aucune étude analysée pour dire cela, uniquement le communiqué de Merck.

On assiste une dérive de la formation continue des professionnels de santé : Ils ne lisent plus aucune étude, elles sont toutes en anglais, même les études françaises sont en anglais, mais lisent une information qui est faite pas des journalistes, qui ne vont pas chercher l’information, ne la vérifient pas. Le Moniteur des Pharmacies prend un communiqué, sans réfléchir, sans même le lire je suppose, tout comme on a pris l’article du Lancet sur HCQ sans rien voir, tout comme on accepte l’ATU du Bambalaba sans lire les études qui montrent que cette ATU discrédite ses auteurs. Un journaliste sort un fake, et tout le monde reprend : c’est comme ça, d’ailleurs c’est untel qui le dit (Inserm, Prescrire pour l’Ivermectine), c’est tout. Et le professionnel de santé suit, sans vérifier.

Je rappelle en ce qui concerne les risques de l’Ivermectine, que sur 4 milliards de doses en 30 ans, les effets secondaires signalés par les Agences de sécurité du médicament de tous les pays affiliés à l’OMS, représentent 0,0001% (4 669 à ce jour), et toujours dans cette base de données, dans son rapport de 96 pages remis à l’OMS il y a une semaine, Tess Lawrie a trouvé 16 décès en 30 ans sur 4 milliards de prescriptions, contre 922 et 84 489 effets secondaires pour les vaccins en 2 mois ! J’ajouterai que sur les 16 décès signalés, il y a certainement les 15 décès frauduleux signalés par The Lancet chez les patients d’une Ehpad qui avaient eu de l’Ivermectine et badigeonnés en même temps avec 2 insecticides mortels ! Reste 1 décès en 30 ans ?

Merck a aussi « oublié » qu’il avait financé une étude dans son laboratoire de Pennsylvanie, montrant que l’on pouvait prendre de l’Ivermectine à 10 fois la dose sans rencontrer de problème.

En conclusion : alors qu’ils citent une demi-douzaine d’études hors sujet pour parler des effets indésirables pour jeter la confusion sur ces réels effets non pas indésirables mais dérisoires, ils n’en citent aucune pour traiter du vrai sujet : l’efficacité ou l’inefficacité. Alors pourquoi ce communiqué ? Une fois de plus, j’ai une vision non conformiste de la chose. En effet je pense que MERCK CROIT À L’ARRIVÉE DE L’IVERMECTINE, et tente par ce communiqué de se décharger de toute responsabilité si problèmes, et surtout ne veut pas avoir de problèmes en cas de pénurie et de pagaille due à une autorisation. En effet, on peut lire cela dans la fin du communiqué, si on sait bien lire :

Le présent communiqué de presse de Merck & Co, Inc. à Kenilworth, N.J., États-Unis contient des « déclarations prospectives » au sens des dispositions de la sphère de sécurité du Private Securities Litigation Reform Act de 1995 des États-Unis. Ces déclarations sont basées sur les convictions et les attentes actuelles de la direction de la société et sont soumises à des risques et des incertitudes importants. Si les hypothèses sous-jacentes se révèlent inexactes ou si les risques ou incertitudes se matérialisent, les résultats réels peuvent différer sensiblement de ceux qui sont énoncés dans les déclarations prévisionnelles.

Les risques et incertitudes comprennent, sans s’y limiter, les conditions générales de l’industrie et la concurrence ; les facteurs économiques généraux, y compris les fluctuations des taux d’intérêt et des taux de change ; l’impact de l’épidémie mondiale de nouvelle maladie à coronavirus (COVID-19) ; l’impact de la réglementation de l’industrie pharmaceutique et de la législation sur les soins de santé aux États-Unis et dans le monde ; les tendances mondiales vers la maîtrise des coûts des soins de santé ; les progrès technologiques, les nouveaux produits et les brevets obtenus par les concurrents ; les défis inhérents au développement de nouveaux produits, notamment l’obtention de l’approbation réglementaire ; la capacité de l’entreprise à prévoir avec précision les conditions futures du marché ; les difficultés ou les retards de fabrication ; l’instabilité financière des économies internationales et le risque souverain ; la dépendance à l’égard de l’efficacité des brevets de l’entreprise et d’autres protections pour les produits innovants ; et l’exposition aux litiges, notamment aux litiges relatifs aux brevets, et/ou aux mesures réglementaires.

Résumé : si ça marche ou pas, nous n’y sommes pour rien, si c’est la pagaille, la bagarre entre labos, si des gens perdent de l’argent, nous nous déchargeons par la présente de toute responsabilité. Je peux me tromper, mais il me semble que c’est le vrai but de ce communiqué, que tous ceux qui connaissent un peu l’Ivermectine trouvent invraisemblable.

Si cela ne marche pas, ce sont « les convictions de la direction », « soumises à des risques et incertitudes importants », et« les résultats réels peuvent différer sensiblement de ceux qui sont énoncés », on ne peut mieux dire pour se décharger de tout problème.

Quand Merck était détenteur du brevet (depuis 1987), qui l’a protégé jusqu’à il y a une dizaine d’années, la pression internationale l’a obligé à fournir gracieusement l’Ivermectine (Mectizan) pendant une dizaine d’années, pour plusieurs dizaines de millions d’Africain, à partir de 1988. Cela a été la plus vaste opération de don de médicaments jamais réalisée. Merck a déjà donné, elle ne veut plus en entendre parler.

Enfin bien entendu, ni voyez pas une lutte solidaire avec les autres labos contre le repositionnement de molécules tombées dans le domaine public, et pouvant faire du tort à de nouveau médicaments sous brevets protecteurs (Merck de son côté en développe deux). Ce communiqué est également sans rapport avec un autre communiqué du même jour affichant une perte de 2,1 milliards de dollars sur le dernier semestre 2020. L’Ivermectine ferait de l’ombre aux futurs Remdesivir et autres Bambalaba à 2 000 € au lieu de 10 € (1,5€ en Inde) sans compter les vaccins. Si l’Ivermectine est autorisée, elle coûtera 10 milliards minimum à l’industrie pharmaceutique. Et si au lieu de compter les milliards, on comptait les vies ?